Approche entrepreneuriale
Chemins d’Enfances offre un soutien stratégique et organisationnel fondé sur les méthodes de l’entreprise et adapté aux besoins de chacun des partenaires.
Domaines d’action :
- Accompagnement et formations en finance, planification stratégique et organisation,
- Recherche de fonds et gestion de subventions au niveau local,
- Mise en place d’activités génératrices de revenus en lien avec les communautés des enfants bénéficiaires,
- Création d’outils et d’indicateurs pour mesurer l’impact de ces actions.
Résultats :
- Meilleure compréhension des enjeux de l’association et des responsabilités de chacun,
- Capacité à trouver des fonds voire à générer des revenus,
- Acquisition de compétences pour présenter et rédiger des rapports aux bailleurs,
- Capacité à gérer et développer une organisation dans son environnement,
- Pérennisation des structures.
De nouveaux modèles pour répondre aux besoins sociaux
Interview de Martine Roussel Adam, chef d’entreprise, présidente fondatrice de Chemins d’Enfances
Quelles sont les difficultés du modèle associatif aujourd’hui?
Force est de constater que malgré le dynamisme du secteur social qui progresse 2,5 à 3 fois plus vite que le reste de l’économie en termes d’emplois, beaucoup de petites associations se voient contraintes à diminuer leurs activités, voire à les arrêter, faute de moyens.
Elles sont confrontées à de plus en plus de difficultés pour obtenir des subventions du fait du désengagement des pouvoirs publics d’une part et de la complexité pour les petites structures de répondre aux appels d’offres d’autre part. Parallèlement, on assiste depuis quelques années à une profonde mutation chez les donateurs privés. Nous sommes passés d’une philanthropie « passive » à une philanthropie « active » que les anglo-saxons appellent « Venture philanthropy »; Le donateur du XXIème siècle conçoit son don comme un investissement, il en attend un retour, non pas financier puisqu’il s’agit d’un don, mais en termes d’impact sur l’amélioration d’une situation sociale.
Ce qui signifie qu’il exige :
- une information précise sur ce à quoi son argent va servir,
- des reporting sur les résultats.
Et tout ceci nécessite de se professionnaliser d’avantage !
En quoi une association peut-elle renforcer son professionnalisme ?
L’association ne doit pas hésiter à emprunter au monde de l’entreprise, sans, bien sûr, perdre de vue sa vocation sociale.
Tout d’abord, avoir une vision claire de ce qu’elle est et de ce vers quoi elle veut aller, se fixer des objectifs à court et moyen terme.
Il faut aussi mettre en place tous les outils de contrôle de gestion et de suivi de ses activités et être très rigoureuse sur les plans juridique et comptable. Une grande vigilance dès le départ sur ces questions évite bien des problèmes par la suite.
Elle doit aussi travailler sur la répartition de ses ressources. Comme un chef d’entreprise qui se sait vulnérable si un de ses clients représente plus de 25% de son chiffre d’affaires, une association doit veiller à ne pas dépendre de 2 ou 3 grands donateurs. La répartition des risques est un gage de fiabilité.
Il est important aussi de penser à d’autres ressources que les dons et subventions, par exemple une activité génératrice de revenus comme des formations dans son domaine de compétences, ou faire payer en partie ses prestations ou encore l’organisation d’évènements sponsorisés par une grande entreprise, en étudiant bien entendu les éventuelles conséquences fiscales.
Ce n’est pas parce qu’une association s’organise et se professionnalise qu’elle répondra moins bien aux besoins sociaux. Bien au contraire, en ayant une visibilité sur son avenir et en étant moins dépendante des subventions, elle pourra mieux se concentrer sur son cœur d’activité.
C’est tout ce travail de consolidation et de recherche de pérennité que Chemins d’Enfances s’efforce de faire avec ses partenaires qui agissent dans le champ du mieux-être des enfants en difficulté.
Existe-t-il aujourd’hui des organisations qui arrivent à concilier approche entrepreneuriale et objet social ?
Oui et il y en a de plus en plus. Parmi elles, citons les entrepreneurs sociaux. Ce sont des personnes capables d’apporter des solutions innovantes pour répondre à des besoins sociaux, tout en utilisant les forces du marché. Regardez par exemple Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2003. A travers le microcrédit, il a lancé un nouveau concept économique de portée universelle : « pour créer de la richesse, il faut permettre aux plus démunis d’accéder au capital » et ainsi, grâce à lui, des millions de pauvres ont pu lancer leur propre activité économique et sortir, avec leur famille, de la misère.
Le concept se répand partout dans le monde et de plus en plus de grandes écoles développent des programmes d’entrepreneuriat social, par exemple en France l’ESSEC, l’INSEAD et HEC.
L’association internationale Ashoka qui identifie et accompagne des entrepreneurs sociaux particulièrement innovants - 1800 à travers le monde à ce jour - contribue activement à la promotion de ce secteur et amplifie son impact sur la société.
Plus généralement, on assiste actuellement à un rapprochement entre les mondes du « social » et du privé, sous forme de partenariats, d’échanges de compétences et de financement. Des organismes privés appliquent les méthodes du capital risque pour soutenir des organisations solidaires. C’est le cas de Phitrust Partenaires, qui sélectionne des projets ayant une vocation sociale et/ou environnementale tout en étant économiquement viables, y investit, et les accompagne dans leur développement.
Toutes ces évolutions sont très prometteuses. Le monde des entreprises et le secteur social se sont trop longtemps ignorés et je suis convaincue qu’il est aujourd’hui temps qu’ils unissent leurs forces et leurs compétences respectives, tout en conservant chacun sa spécificité, pour s’attaquer ensemble aux problèmes cruciaux de nos sociétés.
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