Témoignages
UNE INTERVENTION AUPRES D’UNE ASSOCIATION
Témoignage de Christel, actuellement en mission pour Chemins d’Enfances auprès d’Adista
Une douzaine d’heures de voyage et me voici à Banda Aceh, le premier avril, et ce n’est pas un poisson !
Je suis accueillie à l’aéroport par Dedi, le représentant du conseil d’administration de l’association Adista, que ma mission pour Chemins d’Enfances va m’amener à connaître et à accompagner pendant six mois. Dedi est un jeune papa de 25 ans qui était logisticien pour Adista et qui loue maintenant des voitures, entre autres occupations, car ici la mise est à la diversification des activités économiques. Il est très enthousiaste et impliqué dans Adista, et se fait donc un plaisir de parler de l’association.
Le lendemain, je rencontre l’équipe du bureau, composée du coordinateur de programmes, de la mobilisatrice communautaire, du traducteur et du logisticien. Ils n'ont pas de directeur et la responsable administrative vient de démissionner! Ils sont très heureux de m’accueillir et attendent beaucoup de Chemins d’Enfances. Ma première semaine s’est passée en partie les pieds dans l’eau, et pas du fait d’avoir été à la plage ! En effet, le bureau d’Adista étant légèrement en dessous du système d’écoulement, chaque pluie l’inonde d’une quinzaine de centimètres… Evacuer l'eau ensemble est un moyen comme un autre d'apprendre à travailler en équipe!
Le premier mois, je rencontre l’équipe Adista au complet, une trentaine de personnes, et visite les 6 centres d’animation et l’équipe mobile qui tourne dans 4 villages. Ces entretiens, ainsi que les retours de la mission CdE en février dernier, les discussions au siège avec l’équipe qui a travaillé avec Adista dans le passé et mes observations au quotidien, m’ont permis de rédiger un premier diagnostic de l’association. Cet état des lieux nous permettra de dégager les principales lignes de notre intervention.
La première des choses à faire était de recruter un directeur, une administratrice et un traducteur et cela a été réalisé entre fin avril et début mai; l’équipe bureau d’Adista est maintenant au complet et chacun peut se concentrer plus sereinement sur ses activités. Des cours d’anglais pour tout le personnel Adista ont commencé début mai et l’enseignant qui en a la charge fait de ces cours des moments de rencontres et d’échanges tout autant que d’apprentissage. L’organigramme de la structure a été revu et le bureau a déménagé fin mai; les conditions de travail y sont maintenant optimales, même si le parc informatique nécessite des améliorations. Depuis, nous travaillons au renforcement institutionnel d'Adista, à la formation à la recherche de fonds et aux moyens d’assurer sa pérennité.
Mais les besoins d’Adista ne se limitent pas à un appui organisationnel car, les problèmes identifiés au niveau de sa structure se répercutent sur les activités. Celles-ci sont effectives auprès des enfants mais elles ont besoin d’être renforcées et développées. Pour ce faire, nous sommes en train de travailler avec Adista sur l’évaluation des activités menées et de leur impact. Nous avons ainsi réalisé le recueil et le traitement des données des centres; les formats ont été revus et chaque responsable vient régulièrement travailler au bureau pour informatiser les données. Ce travail a nécessité la formation de la représentante des responsables de centres qui a réussi à dompter l’outil informatique malgré mes piètres compétences pédagogiques en ce domaine. C’est maintenant elle qui forme ses collègues et c’est une belle réussite !
Le centre de Siron était destiné aux enfants de Layeun, communauté déplacée vers le village de Siron après le Tsunami. Leurs maisons ont été terminées et la communauté est retournée à Layeun, petit village au bord de la mer à environ une heure de route sur la côté sud de Banda Aceh. Le centre se devait donc de suivre la communauté et il a été démonté et transporté à Layeun ; il est maintenant reconstruit.
La fermeture du centre à Siron a été un évènement triste pour la communauté car le centre était un espace ouvert à tous, déplacés et victimes du tsunami comme les autres, et la communauté de Siron était très attachée au centre. Adista leur a permis de faire un bilan du temps passé ensemble, et de formuler des requêtes. Les mamans ont été particulièrement réactives, et souhaiteraient pouvoir continuer les activités pour leurs enfants. Elles sont prêtes à s’en charger, ont déjà identifié un lieu de rassemblement communautaire et demandent de l’aide matérielle à Adista. Ce projet est à l’étude mais pourrait être une expérience intéressante puisque les centres ont une vocation communautaire. Histoire à suivre !
Aceh est une région ayant été ravagée par le Tsunami, qui a emporté avec lui beaucoup de vies. Physiquement les traces ne sont plus tellement apparentes, mais chaque tremblement de terre réveille des réactions angoissées et des comportements de béatitude ou de rires nerveux. Les fantômes sont omniprésents; chacun les entend et les redoute, les gens sursautent régulièrement, refusent de rester seuls… La vie continue malgré tout, et les Acehnais savent la prendre avec le sourire ; les plaisanteries sont une spécialité locale.
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